spectacles

« Ashes to Ashes »

de Harold Pinter, traduit de l’anglais par Eric Kahane

crédit photo: © lcd photography

Harold Pinter est le dramaturge de l’ambiguïté. Le sens de ses pièces est à chercher dans le dépouillement et le minimalisme, le substrat n’est pas dans le dit mais plutôt dans le non-dit.

Se pencher sur une Pièce de Pinter c’est chercher le sens dans les silences. Puis viennent toutes les questions que la pièce soulève :

Les traumatismes que l’on vit de près ou de loin, peuvent-ils s’effacer ? Les images que l’on aperçoit, les récits que l’on entend, les témoignages qui nous sont livrés nous marquent-ils à jamais ?

Toutes ces interrogations font évidemment écho à notre époque, société où les informations et l’actualité nous abreuvent d’images et de faits pour la plupart atrocement cruels, froids et dévastateurs.

Quels seront les impacts sur les générations qui auront grandi dans ce brouhaha de guerres et d’attentats ?

Rebecca semble s’approprier tous les maux du passé, de l’histoire. Si elle ne les a pas vécu, elle en a pourtant les traumatismes.

C’est aussi avant tout une histoire de couple dans la difficulté, voire l’impossibilité de communiquer.

Qui sont-ils vraiment ? Un couple ? Est-ce son amant ? Son psychiatre ? Son mari ? Ce mystère ne sera peut être jamais résolu. Mais ces personnages s’accrochent comme nous tous, à l’amour comme unique bouée de sauvetage, car parfois dans l’intimité d’une maison se reproduisent les violences et les interrogations du monde.

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